Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Georges-Marc Benamou 14.05.07

//www.rmc.fr/blogs/media/images/lesgrandesgueules/images/mn/1184315916.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.© Gérard Eleouët

Depuis mai 2007, il est conseiller du président de la République pour la culture et l’audiovisuel. Ancien directeur du mensuel Globe, fondé grâce à l’argent du milliardaire Pierre Bergé, PDG de Yves Saint-Laurent, pour « voir les intellectuels et les stars du show-biz se rassembler sous le signe de la fête, et mobiliser la jeunesse contre la montée du racisme » (Globe n°33, décembre-janvier 1988).

Le Plan B en a tiré un joli portrait dans l’article Quand la serpillière de BHL cire les parquets de l’Élysée. Extraits (en gras) :

Au milieu des années 1980, Mitterrand cherche un histrion pour mettre en scène son virage libéral. Le doigt sur la couture du pantalon, Georges-Marc Benamou fait un pas en avant. Dans les années 1990, BHL, Kouchner et le PS font pleuvoir les bombes humanitaires de Bagdad à Belgrade. Ils cherchent un attaché de presse. « Présent ! », hurle Benamou. En 2007, les mêmes rallient Sarkozy. Lequel cherche un « conseiller » pour la culture et l’audiovisuel. « Moi, chef ! », supplie Benamou. Le Plan B retrace ce parcours de vingt ans marqué par la grandeur…

Partisan de la guerre du Golfe en 1990-1991, Benamou est avant tout l’ancien directeur de Globe, un magazine qui pendant le deuxième septennat de Mitterrand, devient un bulletin de Cour. Il y défend tous les choix de l’homme dont il deviendra le biographe et le confident, et qu’il désignera comme le « dernier roi de France ». Mitterrand laisse faire, déplorant seulement les « questions de primate » de Benamou.

Va-t-en-guerre avec le sang des autres, le mensuel se montre suffisamment « ouvert » et « complexe » pour soutenir les politiques de la droite quand celle-ci revient aux affaires en mars 1986. Ainsi, en juin de cette même année, Globe applaudit la privatisation de TF1 annoncée par François Léotard, qui sonne le glas de la « religion du service public » ; en juillet, le magazine assène en couverture que « Le privé c’est pas si con ». L’édition de mars avait pourtant publié un manifeste, signé par BHL, qui listait les mesures formant « l’infranchissable limite au-delà de laquelle c’est notre culture démocratique qui se verrait entamée ». Y figurait « la remise en cause du principe de service public, de radio et de télévision. » Comment expliquer ce revirement ? Lagardère, candidat à l’acquisition de la chaîne publique, avait sifflé la fin de la récréation et exigé de ses caudataires (dont BHL, directeur de collection à Grasset) qu’ils revoient leurs positions. Ce que Lévy, son boy Benamou et Globe à sa suite, s’empressèrent de faire.

En 1997, année de l’arrivée au pouvoir de la « gauche plurielle », Georges-Marc Benamou reprend du service. Jean-Luc Lagardère l’a choisi (sur les conseils de Bernard-Henri Lévy, ami intime de l’industriel depuis 1981) pour reprendre les rênes de L’Événement du jeudi (rebaptisé L’Événement en 1998).

Antiraciste sous Mitterrand, Benamou est donc devenu « libéral-libertaire » sous Jospin (une ligne qu’il revendique pour son magazine dans Libération, le 1er juin 1999). Son héros n’est plus Harlem Désir, mais Daniel Cohn-Bendit (devenu lui-même centriste).

L’ex-libertaire Benamou se proclame aujourd’hui « républicain de gauche » (Le Parisien, 21. 5.07) et inspiré par Maurice Barrès (France Culture, 1.8.07). Mais peu importe, au fond, les méandres sans rime ni raison du bénamoulisme : après Jacques Attali, Dominique Strauss-Kahn, Hubert Védrine, Jack Lang, Bernard Kouchner… la liste de ceux qui ont, comme Benamou, craché dans la soupe socialiste pour que Sarkozy puisse l’avaler, ne cesse de s’allonger. À l’Élysée, l’ex attaché de presse de BHL assure d’ailleurs « rester un homme de gauche » (Le Parisien, 21.5.07).

Depuis sa nomination au poste de conseiller du chef de l’État, Benamou mène grand train et multiplie ses frasques inspirées par les Communards. En juillet dernier, il a fait intervenir Sarkozy auprès de la mairie UMP d’Aix-en-Provence pour être l’invité tous frais payés du festival lyrique. Un mois plus tôt, le 6 juin 2007, au bar d’un grand hôtel parisien, il jetait un ramequin de cacahuètes sur un employé dont le service l’avait mécontenté. Résultat : c’est la victime qui est sanctionnée par une mise à pied de cinq jours après une intervention de l’Élysée. Enfin, les idéaux de justice de Benamou l’ont emporté.